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Affrontements entre milices rivales à Tripoli : les migrants pris au piège dans les centres de détention

Affrontements entre milices rivales à Tripoli : les migrants pris au piège dans les centres de détention

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La capitale libyenne, Tripoli, est actuellement en proie à des affrontements entre milices rivales. Des centaines de migrants retenus dans les centres de détention sont pris au piège et livrés à eux-mêmes. Leurs gardiens ont fui lors des combats, les laissant sans eau ni nourriture.

Depuis le 26 août, des combats entre milices rivales secouent Tripoli faisant au moins 27 morts et une centaine de blessés, selon un dernier bilan donné jeudi 30 août par le ministère libyen de la Santé. Un habitant du quartier Salaheddine, au sud-est de la capitale, a fait état mercredi 29 août à l’AFP de tirs nourris de mitrailleuses et de canons anti-aériens.

A Tripoli, des centaines de migrants retenus dans les centres de détention officiels libyens sont désormais livrés à eux-mêmes, les gardes ayant quitté précipitamment les lieux à cause des affrontements. « La police nous a abandonnés et nous a laissés complètement seuls », témoigne à InfoMigrants Sada*, un migrant érythréen actuellement coincé à Tripoli, dans le centre Tarek el Matar. « On entend des bruits de combats autour de nous ». Les migrants n’osent pas sortir. « C’est trop dangereux dehors et on ne sait pas où aller. Depuis hier, il y a un énorme tank à côté du centre », ajoute-t-il.

400 personnes coincées « sans nourriture ni eau »

Ahmad, un Soudanais enfermé depuis le mois de mars dans le centre officiel d’Ain Zara (dans le sud de Tripoli) relate une situation similaire. Il s’est, lui, enfui vers un autre quartier de Tripoli. « Quand les combats ont éclaté, on travaillait avec d’autres migrants à l’extérieur du centre pour le compte de la milice qui détient le lieu. C’est comme cela qu’on a pu s’enfuir, mardi », explique-t-il à InfoMigrants. « La situation sur place est catastrophique. Les migrants restés là-bas ont peur d’être tués ».

Selon lui, un autre centre de détention de la ville, celui de Salah Adin a été bombardé et des migrants ont été tués. InfoMigrants n’a pas pu vérifier cette information.

Un travailleur humanitaire a signalé à l’agence de presse Reuters qu’environ 400 personnes avaient effectivement été abandonnées dans le centre de détention d’Ain Zara. Parmi eux, « 200 hommes, 200 femmes et 20 enfants de moins de cinq ans sont sans nourriture ni eau », a-t-il déclaré.

Selon Reuters, au total, quelque 1 500 migrants étaient piégés dans trois centres de détention mais certains se sont échappés et d’autres ont été transférés dans des centres de détention situés dans des zones plus sûres.

>> À lire sur InfoMigrants : « Aidez-nous à quitter cet enfer, vite ! » : une rare manifestation de migrants en Libye

Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, la capitale libyenne est au cœur d’une lutte d’influence entre milices en quête d’argent et de pouvoir. Les migrants, qui utilisent la Libye comme principal point de départ pour rejoindre l’Europe, se retrouvent régulièrement pris au piège par ces groupes armés. En novembre 2017, une vidéo de CNN avait mis en lumière l’esclavage des migrants en Libye pratiquée notamment par des milices libyennes.

En outre, l’Union européenne sous-traite aux garde-côtes libyens les sauvetages en mer Méditerranée. Une politique controversée, vivement contestée par les ONG qui mènent des opérations humanitaires. Les migrants interceptés en mer sont reconduits par les garde-côtes libyens à Tripoli puis enfermés dans les différents centres.

*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé

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