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Alpha Condé et Emmanuel Macron évoquent l’esclavage en Libye et le Togo

Alpha Condé et Emmanuel Macron évoquent l’esclavage en Libye et le Togo

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Emmanuel Macron a reçu mercredi après-midi 22 novembre, au palais de l’Elysée à Paris, son homologue guinéen et président de l’Union africaine, Alpha Condé. Au menu de leurs discussions : les relations bilatérales entre la France et la Guinée, le prochain sommet Union européenne-Union africaine à Abidjan, ou encore les crises qui traversent certains pays du continent. Les deux chefs d’Etat ont aussi évoqué, lors d’un point presse, la situation des migrants victimes de trafics humains en Libye.

Le président français n’a pas mâché ses mots pour qualifier la vente de migrants africains comme esclaves en Libye. « C’est un crime contre l’humanité. C’est aussi une des formes de trafics aujourd’hui les plus rentables et qui nourrit les délinquances les plus graves et pour partie des réseaux terroristes. Cette traite des êtres humains génère plus de 30 millions d’euros par an, elle touche malheureusement plus de 2 millions et demi de personnes et 80% de ses victimes sont des femmes et des enfants », a-t-il rappelé.

Dans la foulée, Emmanuel Macron annonce que la France a initié une démarche au sein du Conseil de sécurité des Nations unies devant conduire à ses résolutions concrètes.

A ses côtés, le président de l’Union africaine, Alpha Condé, se montre critique. Pour lui, les Européens ont une part de responsabilité dans ces trafics. « Nous pensons que nos amis de l’UE n’ont pas eu raison de demander à la Libye de garder les migrants, car elle n’a pas les moyens. En Libye, il n’y a pas de gouvernement, donc l’Union européenne ne peut pas choisir un pays en voie de développement pour demander à ce pays de retenir des réfugiés (…). On sait qu’en Libye il n’y a pas de moyens », a-t-il insisté.

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays a basculé dans le chaos. La Libye est devenue une voie de passage privilégiée vers l’Europe. Alpha Condé assure que l’Union africaine est en contact avec tous les dirigeants pour tenter de trouver une solution, quitte, dit-il, à « faire revenir nos concitoyens ».

La crise politique au Togo était au menu de la visite d’Alpha Condé en France. Le président de la Guinée et de l’Union africaine a rencontré les leaders de la coalition de l’opposition togolaise mercredi 22 novembre à Paris.

Mon rôle est très simple : c’est de créer un climat apaisé, car nous n’avons pas à dire au Togo ce qu’il doit faire. C’est un Etat souverain. Le Togo est capable de décider de son destin. Nous notre rôle, c’est de faciliter le dialogue.
Alpha Condé, président de la Guinée et de l’UA.

Et les conditions du dialogue, pour l’opposition, elles sont très claires. Ce sont d’ailleurs les mêmes depuis le début de la contestation. « Il y a la libération des personnes détenues dans le cadre des manifestations, dans l’affaire des incendies d’un marché ; la levée de l’état de siège dans les villes de Mango, Bafilo, Sokodé, la libération des imams de Sokodé et Bafilo, énumère Jean Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement. Ce sont des mesures qui visent à faire cesser des situations d’injustice, d’arbitraire. Et donc, les mesures d’apaisement n’ont pas de contreparties en ce qui nous concerne. Nous, nous allons toujours maintenir la pression des manifestations. »

A ce jour, aucune date n’a encore été fixée pour une rencontre entre Faure Gnassingbé et l’opposition.

Avec Rfi

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