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Au Maroc, des centaines de migrants refoulés de force vers le sud du pays

Au Maroc, des centaines de migrants refoulés de force vers le sud du pays

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Depuis le début du mois d’août, les autorités marocaines ont renvoyé de force des centaines de migrants dans le sud du pays afin, selon le royaume, de « soustraire [les migrants] aux réseaux mafieux qui se sont développés ». Selon les ONG, il s’agit surtout d’éloigner les migrants des enclaves espagnoles Melilla et Ceuta.

« La police est venue nous chercher dans notre appartement. Ils ont défoncé la porte d’entrée et nous ont fait sortir de force. Il y avait avec nous des femmes enceintes et des enfants », raconte à InfoMigrants Oumar, un migrant ivoirien qui vit à Tanger et qui dit avoir été refoulé dans la ville côtière de Safi lundi 20 août avec environ 700 autres personnes. « Les policiers marocains nous ont violentés, y compris les femmes enceintes. Ils nous ont également volé nos téléphones portables et pris notre argent », explique-t-il encore.

Depuis début août, les autorités marocaines multiplient les déplacements forcés de migrants. Des centaines de personnes ont été interpellées dans le nord du pays – où les migrants se massent avant d’essayer d’atteindre l’Espagne – et renvoyées par bus dans des villes du sud, notamment Tiznit et Safi.

Les interpellations ont lieu au domicile des migrants, mais aussi dans la rue ou encore dans des camps installés aux abords de Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles en territoire marocain. « Les migrants n’osent plus sortir pour se rendre à leur travail de peur d’être arrêtés », signale Oumar.

3 000 migrants interpellés dans la région de Nador

Dans la seule région de Nador, près de 3 000 migrants ont été déplacés vers le sud du Maroc depuis le début du mois d’août selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Nombre d’association ont d’ailleurs dénoncé des violations des droits de l’Homme et des arrestations abusives, certains migrants arrêtés étant des personnes en situation régulière.

« Il est 5h du matin et les bus arrivent aux environs de Tiznit. On nous a jetés dehors sans aucune aide. Après 800 km de route, nous sommes anéantis et nous devons marcher pour regagner le centre le plus proche », peut-on lire sur la page Facebook de l’AMDH qui relaye les témoignages des migrants renvoyés.

Complicité des autorités marocaines

De leur côté, les autorités marocaines justifient ces opérations par la traque des trafiquants. « L’objectif est de soustraire [les migrants] aux réseaux mafieux qui se sont développés dans le pays depuis la fermeture de la route via la Libye », déclare à l’AFP une source gouvernementale. Mais selon Omar Naji, le président de l’AMDH section Nador, « aucun trafiquant originaire d’Afrique noire n’est arrêté, ils sont eux aussi refoulés dans le sud ».

La décision du Maroc a surtout pour but d’éloigner les migrants des côtes et des enclaves espagnoles Melilla et Ceuta, estime-t-il. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que quelque 3 100 migrants sont entrés dans les deux enclaves depuis le début de l’année.

Il dénonce également la complicité des autorités marocaines avec les passeurs. « C’est impossible qu’une embarcation de migrants quitte les côtes marocaines sans la collaboration des autorités locales », assure Omar Naji.

Le 27 août, la gendarmerie de Nador a déclaré avoir démantelé un réseau de trafiquants composé de Marocains et de quatre membres des forces auxiliaires à la plage de Ras El Ma (60 km de Nador). Toutefois, peu d’embarcations de migrants partent depuis cette zone, la plupart prennent la mer depuis Bouyafar, Béni Chiker ou Tazaghine.

Depuis le début de l’année, l’Espagne est devenue la première porte d’entrée des migrants en Europe.

Le Maroc craint de devenir le premier pays de transit des migrants souhaitant rejoindre l’Europe. En échange de ses contrôles aux frontières, le Maroc reçoit des subventions de la part de l’Union européenne. « Le Maroc ne jouera pas le rôle de gendarme mais respecte ses engagements vis-à-vis de la politique migratoire », a déclaré à l’AFP une source gouvernementale.

Avec infomigrants

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