Accueil ACTU INTERNATIONALE Au Maroc, un mystérieux bateau « fantôme » emmène des migrants en Espagne
Au Maroc, un mystérieux bateau « fantôme » emmène des migrants en Espagne

Au Maroc, un mystérieux bateau « fantôme » emmène des migrants en Espagne

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Sur les côtes marocaines, une « embarcation fantôme » propose depuis plusieurs semaines aux candidats à l’exil de monter à bord afin de rejoindre l’Europe – « gratuitement ». Des centaines de jeunes Marocains ont ainsi fui leur ville d’origine pour rejoindre le nord du pays.

La scène est surréaliste. Une vidéo diffusée mi-septembre dans les médias marocains montre le capitaine d’un navire inviter des jeunes Marocains à monter à bord, leur proposant de les déposer gratuitement en Espagne (sic).

« Cette même scène s’est reproduite à quatre reprises ce mois-ci, à chaque fois sur des plages marocaines différentes », explique à InfoMigrants Mohamed Benaïssa, président de l’Observatoire du nord pour les droits de l’Homme (ONDH). « Les jeunes sont en train de se baigner quand une embarcation arrive et les invite à monter à bord. Aucune contrepartie financière n’est exigée » précise-t-il encore. Du moins à la montée dans le bateau. InfoMigrants n’a pas pu vérifier la prétendue gratuité du transport.

L’information a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, provoquant l’afflux de centaines de jeunes Marocains vers le nord du pays. Tous espèrent croiser la route de ce navire, baptisé « bateau fantôme » par la presse marocaine.

Depuis plusieurs mois, de nombreux Marocains tentent de rejoindre l’Espagne pour fuir les inégalités sociales et territoriales qui gagnent le pays. Les jeunes, qui représentent le tiers de la population, sont particulièrement touchés par l’exclusion sociale, avec 27,5% des 15-24 ans – soit 1,7 million de personnes – hors du système scolaire et sans emploi.

>> À lire sur InfoMigrants : Des migrants marocains, militants politiques du Rif, demandent l’asile en Espagne

Le mystère reste entier sur l’identité de ceux qui affrètent cette embarcation. Pourquoi viennent-ils chercher illégalement des Marocains pour les emmener en Espagne ? La traversée est-elle réellement gratuite ? Que deviennent les migrants une fois arrivés ?

Des centaines de Marocains rejoignent les côtes

Reste que les jeunes marocains n’ont pas l’air de se méfier et guettent le fameux « bateau fantôme » à l’horizon mais aussi sur les réseaux sociaux où l’on s’échange des informations non vérifiées sur les dates et lieux d’arrivée des embarcations.

La semaine dernière encore, dans la nuit du 22 au 23 septembre, suite à des rumeurs sur Facebook, des centaines de Marocains se sont amassés sur la plage de Martil (dans la province de Tétouan), attendant l’arrivée d’une « embarcation fantôme ». Ce soir-là, un navire s’est bien approché. Des jeunes se sont précipités vers lui, mais les gendarmes sont intervenus. Le mystérieux navire a été pris en chasse. En vain.

Peu après, dans la même soirée, une manifestation des passagers déçus a éclaté. « Nous voulons partir, nous ne voulons pas rester dans ce pays », « Nous attendrons ce navire, et vive l’Espagne », ont scandé les candidats à l’exil en direction de la police.

Les autorités renforcent le contrôle des côtes dans le nord du pays

De leur côté, les autorités marocaines restent vagues. Dans un communiqué, elles expliquent avoir empêché le 23 septembre une tentative d’immigration clandestine. « Une unité combattante de la Marine royale opérant en Méditerranée a procédé dans la nuit du 22 au 23 septembre à la poursuite d’une embarcation de très grande vitesse, qui tentait de rejoindre Martil pour récupérer des candidats à l’émigration clandestine », peut-on y lire.

L’histoire du « bateau fantôme » a  également atteint la ville d’Al Hoceima (dans le nord du pays) où dimanche soir une centaine de jeunes Marocains ont gagné la côte. Mais ce jour-là, aucune embarcation n’est venue à la rencontre du groupe, qui a finalement quitté les lieux, épuisé, vers 3h du matin.

La rumeur se propage de façon telle que pour éviter les mouvements de foule et décourager les candidats à l’exil, les autorités marocaines ont mis en place un important dispositif sécuritaire le long des côtes. Des barrages de police ont été installés et tous les jeunes sont soumis à un contrôle d’identité. Certains sont même empêchés d’accéder aux plages du nord du pays. Samedi 22 septembre, 150 personnes ont même été interpellées à Martil et renvoyées dans leur ville d’origine.

avec infomigrants

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