Accueil ACTUALITES Crise de l’éducation : Légalité et légitimité oui, mais, dans la rationalité ! (Edito)
Crise de l’éducation : Légalité et légitimité oui, mais, dans la rationalité ! (Edito)

Crise de l’éducation : Légalité et légitimité oui, mais, dans la rationalité ! (Edito)

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Faut-il parler d’une tentative de nuisance pour les uns et de vengeance pour d’autres qui a été créée ou d’une incompréhension entre les parties ?

Autant de question pour une inquiétude majeure. À qui profiterait le désordre dans l’éducation dans un contexte où le niveau de nos apprenants va de mal en pis ?

Le 08 Octobre approche à grand pas. Quelques heures nous séparent de la rentrée définitive après celle officielle du 03 Octobre des classes dans une cacophonie assourdissante qui reste au travers de nos gorges. Tout le monde s’inquiète car, le doute a été créé avec la ferme volonté de compromettre le processus dans un esprit de vengeance liés à la guerre des intérêts et de positionnement d’une certaine catégorie sociale.

Le Premier Ministre Kassory a dit ceci ou cela mais tout ça n’est pas important. Il lui est reconnu de ne pas être un adepte de la rhétorique. Il ne cherche pas à se faire plaire dans sa communication mais pour lui, le plus intéressant est d’être compris sans aucune diplomatie dans sa sémantique. Il est prisonnier de sa propre conscience et reste très automatiste.

En abordant la question sur le SLECG, le Chef du gouvernement n’a pas pris mille chemins. Il reconnait que le dialogue est en cours entre l’Inspection Générale du Travail et ses partenaires du SLECG. Et au regard du montant sollicité comme salaire de base (8 millions GNF) et d’ailleurs qui n’est pas non négociable, le PM a répondu du tic au tac. En tenant compte de la santé économique du pays et la multitude et très pressante demande sociale, ‘’les 8 millions ; c’est non négociable’’. Il a coupé court sans la moindre volonté de compromettre le cadre de dialogue en cours.

Le gouvernement du Pr. Alpha Condé, incompris ou incohérent ?

C’est un procès à la sorcellerie qui est intenté contre lui. Soit le gouvernement s’y est pris très mal ou sa réponse face à la crise n’était pas méthodique ou encore ceux qui l’ont interprété comprennent très mal sa démarche et trouvent une volonté de refus catégorique de sa part. Mais, loin de tout cela, la volonté y est !

Tout comme le gouvernement, le Secrétaire Général du SLECG, en l’occurrence Aboubacar Soumah a dit qu’il existe une possibilité de trouver un accord avec lui. La demande faite par son syndicat n’est pas fermée et tout dépendra du contenu proposé par le gouvernement pendant les négociations. Et le gouvernement lui, face à l’amalgame et du manque de maîtrise par certains journalistes des clés de négociation tripartite, a été moins évasif. Entre la volonté et la réalité, il a préféré l’existant sans l’idée d’ouvrir des résistances ou des polémiques.

Faut-il maintenir le rideau de fer   pour tout perdre ou encourager le dialogue pour tout sauver ?

Le dialogue devient une nécessité absolue et urgente à partir du moment où les parties ont exprimé l’envie de se parler et de se faire comprendre. Il ne sert à rien de créer le flou artistique pour compromettre le devenir et l’avenir de toute une génération. Soumah avec sa compagnie, doit comprendre que rien ne peut altérer à cette volonté de construire un système éducatif performant et compétitif. Il doit avoir les nerfs au réfrigérateur. Il n’a pas tort. Cependant, il ne doit pas perdre la raison. Le gouvernement n’a jamais dit que le dialogue est rompu. Il faut saisir la main tendue de ce dernier pour éviter au pays  encore des drames et des violences. Les tragiques souvenirs de la dernière manifestation à l’appel du SLECG restent dans la mémoire du guinéen.

Le gouvernement est un partenaire et non un concurrent du SLECG.

Une demande légitime mais dans un contexte ou la raison doit prévaloir

Il faut devoir s’arrêter quand il faut. La demande du syndicat est naturellement légitime et légale. Le camarade Aboubacar Soumah a bénéficié du soutien inestimable du peuple à un moment donné. Il a mis au gardez-vous tout le gouvernement. Le SLECG dont il en est le premier responsable, a obtenu du gouvernement sa reconnaissance officielle. Plusieurs points ont été satisfaits à savoir : l’obtention des 40% qui lui ont été injustement confisqués, la majoration des salaires à prêt de 200% depuis 2010 et l’arrêt des poursuites contre les membres de la structure et autres.  Malgré la diversité et l’immensité des besoins dans un pays où tout est urgent et nécessaire, des efforts louables ont été très visiblement consentis par l’État dans le secteur de l’éducation. Le Chef de l’État, Pr. Alpha Condé en dépit de son caractère inflexible a, pour une question de paix, pris le courage sur lui de rencontrer votre groupe à la demande des citoyens et par l’entremise de certains Ministres de la République.

Oui Soumah n’a pas tort de demander 8 millions à l’État mais, il en fait de trop et c’en est trop. À côté de la légalité et la légitimité, il existe la rationalité et la faisabilité avec le bon sens (morale).

Il doit faire cependant très attention. Après l’apogée, c’est le déclin ou la chute avec fracas. Le SLECG pour cette fois-ci, risque d’être laissé seul. Soumah doit tirer toutes les conséquences de son entêtement. Car, il court un grand désaveu populaire. Le guinéen qui tire la queue du diable au quotidien n’hésitera pas un seul instant de rappeler à l’ordre le SLECG. Vouloir tout gagner et immédiatement, ne relève pas de l’intelligence. Et, on finira par tout perdre.

Le SLECG doit entendre le cri de cœur des parents d’élèves et les élèves pas pour renoncer à ses droits légitimes et légaux mais comprendre la raison du moment.

La Guinée n’a pas besoin d’une crise permanente. La raison doit prévaloir.

À chacun sa conscience et sa compréhension ! La Guinée vous regarde et l’histoire retiendra de chacun ses actes.

À bon entendeur salut !

 

Par Habib Marouane Camara

Journaliste et Analyste Politique

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