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Car à ce que je sache il y’a toujours des conditions préalables à un dialogue politique et à l’état actuel des choses dans ce pays, il faut pour une fois respecter ces préalables, notamment la libération des prisonniers politiques, l’identification des responsables des 21 tueries des jeunes martyrs, pour non seulement faire respecter la loi et les principes d’un état de droit, mais aussi et surtout pour faire taire à jamais les sirènes de la haine, du mépris et de l’extrémisme. Sans cela tout dialogue, toute communication devient difficile voire impossible pour un acteur politique qui a du respect pour l’âme de ses militants martyrs

Et d’ailleurs comment peut on dialoguer avec un chef d’état dont la façon d’être, sa psychologie, ses réactions sont incompréhensibles et imprévisibles ?

Comment composer avec un gouvernement qui mise sur l’extrémisme, le clientélisme, le népotisme, l’ethnocentrisme politique, le mépris de l’autre qui ont conduit beaucoup de sociétés dans l’abîme, car étant un poison qui divise, pervertit, détruit tout dans l’âme d’une société ?

Comment peut-on dialoguer avec un gouvernement qui refuse d’élever la voix de l’humanisme, la puissance de la démocratie contre les forces de haines, de rejet, d’incompréhension ?

Et pourtant il n’est pas difficile dans un pays comme la Guinée, avec un valeureux peuple d’élever cette voix, de la faire triompher, pour que les guinéens apprennent à se parler, à travailler ensemble, dans le respect, la lucidité et la fierté de ce que nous sommes. Tel est l’enjeu du dialogue inclusif. Votre mission et notre mission aussi.

Même si je sais que ma démarche paraît impossible pour cette opposition guinéenne et le gouvernement actuel qui sont des habitués des compromissions toute nature, des contournements des loi de la République, en les substituants à des accords politiques, des agissements qui pendant les deux mandats du président actuel, ont conduit à une faible crédibilité de la constitution et de la justice constitutionnelle guinéenne, vitrines d’une démocratie émasculée.

Pour finir en tant qu’homme politique, il est impératif de savoir que s’il y’a le temps pour la concertation, du dialogue, à un moment donné il y’a le temps de la décision. Si vous ne comprenez pas cela renoncer à faire de la politique et arrêter d’envoyer les enfants des pauvres populations à l’abattoir du gouvernement guinéen. Faites vos compromissions contre nature donc, mais laissez le peuple vivre dans sa pauvreté, pour pouvoir au moins sauvegarder la vie de ses enfants.
Wassalam.

Aissatou Cherif Baldé
Politologue Hambourg