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Depuis dimanche 23 décembre, la plateforme téléphonique Alarm Phone a perdu tout contact avec une embarcation de fortune qui transportait 12 migrants, dont une femme, du Maroc vers l’Espagne. Les sauveteurs espagnols n’ont également pas retrouvé la trace de ce navire. 

« Nous avons peu d’espoir de les retrouver vivants, ce serait un miracle ». La plateforme téléphonique Alarm Phone s’inquiète du sort de 12 migrants – dont une femme – originaires d’Afrique subsaharienne disparus en mer Méditerranée ce week-end, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Espagne sur une embarcation de fortune.

Que s’est-il passé en pleine mer ? Retour sur les événements. Dimanche 23 décembre, vers 1h du matin (heure de Paris), Alarm Phone reçoit l’alerte qu’un bateau pneumatique naviguant à l’aide de rames a quitté le cap Spartel, près de Tanger, au Maroc, quelques heures plus tôt. Une équipe prend alors contact avec les sauveteurs espagnols et les informe de la position GPS du navire.

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Mais, selon Alarm Phone, les autorités espagnoles renvoient alors la responsabilité du sauvetage aux Marocains, assurant que l’embarcation se trouve dans les eaux marocaines. « La marine marocaine nous a dit qu’ils allaient patrouiller dans la zone pour les retrouver mais on ne sait pas s’ils l’ont vraiment fait », explique à InfoMigrants un membre d’Alarm Phone.

« À 13h, aucune opération de sauvetage n’avait encore été lancée »

La plateforme affirme qu’à « 13h [dimanche], aucune opération de sauvetage n’avait encore été lancée ». Une heure plus tard, les sauveteurs espagnols envoient finalement un hélicoptère pour ratisser la zone, mais les recherches demeurent infructueuses.

Au même moment, la plateforme téléphonique perd tout contact avec le navire qui se trouve en pleine mer, avec des vagues pouvant atteindre plus d’un mètre et de l’eau qui entre à l’intérieur de l’embarcation. « Le numéro que nous avions à bord est sur répondeur depuis dimanche en début d’après-midi », signale Alarm Phone.

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Rapidement, la confusion s’installe alors autour du sort de cette embarcation. Selon la plateforme téléphonique, les autorités marocaines et espagnoles affirment dans la soirée de dimanche que le bateau en détresse a atteint les côtes espagnoles mais elles se ravisent une heure plus tard.

Sans nouvelles depuis trois jours, les membres d’Alarm Phone apprennent mercredi 26 décembre que les migrants ont été secourus dans le détroit de Gibraltar. Une information qui est confirmée par les sauveteurs espagnols. Mais après avoir effectué plusieurs recherches, les bénévoles comprennent que ce n’est pas la même embarcation qui a été prise en charge. « Le seul bateau avec 12 personnes à bord transportait deux femmes et non une comme c’était le cas sur le bateau » perdu depuis dimanche.

« On craint que cet hiver soit le plus meurtrier dans cette zone »

Dans un communiqué publié jeudi 27 décembre, la plateforme téléphonique s’agace du manque de réactivités des secours espagnols. « S’ils [les sauveteurs espagnols] avaient pris des mesures sans délai, les 12 personnes auraient peut-être déjà été retrouvées […] Selon toute vraisemblance, nos amis restent portés disparus en mer », ajoute Alarm Phone dans le texte. Contactés par InfoMigrants, les sauveteurs espagnols n’ont – pour l’heure – pas répondu à nos sollicitations. 

« On craint que cet hiver soit le plus meurtrier dans cette zone », s’inquiète un membre d’Alarm Phone contacté par InfoMigrants, demandant une meilleure coopération entre autorités espagnoles et marocaines afin qu’elle soit « mieux adaptée à la situation en mer et qu’on arrête ce jeu de ping-pong insoutenable entre Maroc et Espagne ».

Malgré le mauvais temps, les migrants continuent de prendre la mer vers l’Espagne, à tel point que les sauveteurs espagnols disent « n’avoir jamais connu un automne comme ça ».

Du 1er janvier au 9 décembre, 687 personnes sont mortes en tentant de gagner l’Espagne par la mer, soit plus de trois plus qu’à la même période l’an dernier, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).