Accueil ACTU INTERNATIONALE Douze migrants refusent d’être renvoyés à Tripoli : « Je me suis jeté à l’eau parce que je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de la Libye »
Douze migrants refusent d’être renvoyés à Tripoli : « Je me suis jeté à l’eau parce que je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de la Libye »

Douze migrants refusent d’être renvoyés à Tripoli : « Je me suis jeté à l’eau parce que je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de la Libye »

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Douze migrants ont été secourus par des pêcheurs espagnols au large de la Libye, vendredi 23 novembre, après avoir sauté dans l’eau à l’arrivée des garde-côtes libyens. Le gouvernement espagnol tente de trouver une « solution paneuropéenne ».

L’histoire se répète en mer Méditerranée, à seulement quelques semaines d’intervalle. Alors que pendant plus de 10 jours, des migrants secourus par un navire commercial au large des côtes libyennes ont refusé de débarquer en Libye, d’autres migrants font également de la résistance.

Douze personnes secourues la semaine dernière par un bateau de pêcheurs espagnols refusent de débarquer en Libye et sont actuellement stationnés dans les eaux libyennes, en attendant qu’une solution soit trouvée. Ils demandent d’accoster dans un port européen.

Retour sur les évènements. Vendredi 23 novembre, en pleine nuit, une embarcation avec à son bord une trentaine de migrants – dont trois femmes – est interceptée par les garde-côtes libyens au large de la ville de Khoms. Les migrants sont originaires du Niger, d’Érythrée, d’Égypte, du Sénégal et de Somalie. Ensuite, les versions divergent.

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Selon Riccardo Gatti, chef de mission et commandant du navire humanitaire Open Arms, interrogé par le média italien Radio Radicale, plusieurs migrants ont sauté de leur embarcation quand ils ont vu surgir la marine libyenne. « Les Libyens ont seulement pris en charge ceux qui étaient restés sur le bateau », explique-t-il. Ces derniers ont été envoyés dans un centre de détention libyen.

Les pêcheurs espagnols, qui se trouvaient à quelques mètres de là, racontent que les autres migrants ont « été abandonnés sous leur yeux, dans l’eau, par les garde-côtes libyens », selon la page Twitter de l’ONG Proactiva Open Arms. Les membres d’équipage du chalutier espagnol les ont donc secourus et accueillis à bord du bateau de pêche.

« Je me suis jeté à l’eau parce que je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de la Libye »

De leur côté, les autorités libyennes accusent le navire espagnol d’avoir « entravé l’opération et presque provoqué la noyade des migrants », écrit la marine libyenne dans un communiqué. « Lorsque les garde-côtes se sont approchés de l’embarcation de migrants, un énorme bateau est arrivé. Après avoir déclaré son identité, il a été prié de quitter la zone immédiatement mais il a refusé », continue-t-elle. Selon les Libyens, « suite à cette action irresponsable », les migrants ont sauté de leur embarcation et ont nagé jusqu’au chalutier espagnol. L’équipage a « refusé de les remettre » aux garde-côtes libyens.

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Un médecin du navire humanitaire Open Arms, qui se trouvait dans la zone, est monté à bord du chalutier samedi 24 novembre pour apporter des soins. Il a également fourni des vivres, des couvertures et des médicaments. « Je me suis jeté à l’eau parce que je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur de la Libye », lui a alors signalé l’un des migrants secourus par les pêcheurs.

Josep Borrel, le ministre espagnol des Affaires étrangères, a déclaré mardi 27 novembre lors d’une conférence de presse que « ni l’Italie, ni Malte n’ont accepté de les recevoir ». Le ministre estime que la situation n’est pas urgente car les migrants sont en sécurité et que les pêcheurs « feront ce que les autorités compétentes lui diront ». Le gouvernement espagnol souhaite résoudre cette affaire par une « solution paneuropéenne ».

 

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