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En Libye, les combats entre milices compliquent les évacuations du HCR

En Libye, les combats entre milices compliquent les évacuations du HCR

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La reprise des combats fin août entre milices rivales à Tripoli et dans ses environs a significativement compliqué la tâche des employés du HCR qui organisent depuis décembre 2017 des évacuations de migrants détenus en Libye. 135 personnes ont pu quitter le pays mardi le 16 octobre, le premier convoi depuis le mois de juin.

Déjà dramatique du fait des conditions de leur détention, la situation des migrants en Libye s’est encore dégradée depuis la fin du mois d’août 2018. La reprise des combats entre milices rivales complique encore un petit plus les rapatriements organisés depuis le mois de décembre 2017 par le HCR, l’agence des Nations unies pour les réfugiés.

Mardi 16 octobre, 135 personnes ont pu être évacuées de Libye et emmenées au Niger. Cette évacuation, rendue extrêmement délicate en raison des combats survenus autour de l’aéroport de Tripoli, était la première depuis le mois de juin.

« Pour réaliser cette évacuation, les membres du personnel du HCR ont dû faire face à d’importants défis en matière de sécurité et à des restrictions de mouvements en raison d’une recrudescence des tensions entre milices rivales, provoquant des échanges intermittents de tirs et de lancement de roquettes sur l’aéroport de Tripoli », affirme le HCR dans un communiqué publié le 18 octobre.

Des migrants abandonnés à eux-mêmes

Outre le fait qu’ils compliquent les évacuations, les combats entre milices ont des conséquences dramatiques pour les migrants détenus en Libye. À Tripoli, des centaines de migrants retenus dans les centres de détention officiels libyens sont livrés à eux-mêmes depuis la fin du mois d’août, les gardes ayant quitté précipitamment les lieux à cause des affrontements. « La police nous a abandonnés et nous a laissés complètement seuls », témoignait fin août à InfoMigrants Sada*, un migrant érythréen coincé à Tripoli, dans le centre Tarek el Matar. « On entend des bruits de combats autour de nous ». Les migrants n’osent pas sortir. « C’est trop dangereux dehors et on ne sait pas où aller (…) Il y a un énorme tank à côté du centre », ajoutait-il.

>> À lire : Affrontements entre milices rivales à Tripoli : les migrants pris au piège dans les centres de détention

Ahmad, un Soudanais enfermé depuis le mois de mars dans le centre officiel d’Ain Zara (dans le sud de Tripoli) avait relaté une situation similaire. Lui, s’était enfui vers un autre quartier de Tripoli. « Quand les combats ont éclaté, on travaillait avec d’autres migrants à l’extérieur du centre pour le compte de la milice qui détient le lieu. C’est comme cela qu’on a pu s’enfuir », avait-il expliqué à InfoMigrants. « La situation sur place est catastrophique. Les migrants restés là-bas ont peur d’être tués ».

Les combats qui opposent notamment les combattants de la 7e Brigade (ou Kaniyat), originaires de Tarhouna, aux Brigades révolutionnaires de Tripoli et à la Brigade Nawasi – deux des principaux groupes armés établis dans Tripoli – mettent également en danger la population libyenne. Le ministère libyen de la Santé estimait fin septembre que les affrontements avaient déjà fait au moins 115 morts et près de 400 blessés.

Les violences ont également poussé sur la route de l’exil des familles libyennes dont certaines ont été secourues par l’Aquarius fin septembre. Selon Aloys Vimard, responsable des opérations de Médecins sans frontières (MSF) à bord de l’Aquarius, interrogé par Le Monde, ces familles ne voulaient pas partir, elles étaient « bien établies, [elles] avaient un métier, une situation, et n’auraient jamais pensé prendre le large avant […] Mais depuis les bombardements de fin août, [elles] se sentent tellement en danger qu’elles se sont dit : ‘Le seul espoir est de partir par la mer' ».

Avec infomigrants

 

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