+224 625 130 505 info@guineesignal.com
Sélectionner une page
La fête internationale du travail sera célébrée le 1er mai prochain à travers le monde. A Conakry, la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) prépare activement cet événement prévu sur l’esplanade du Palais du peuple. Et, la centrale syndicale compte mettre cette occasion à profit pour dénoncer le manque de dialogue social dans notre pays. C’est Elhadj Mohamed Moustapha N’Diaye, membre du bureau exécutif de la CNTG chargé de l’éducation ouvrière, qui l’a annoncé au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce lundi 29 avril 2019.

Guineematin.com : la fête internationale du travail sera célébrée le 1er mai prochain à travers le monde. Pour commencer, rappelez-nous l’origine de cette fête.

Elhadj Mohamed Moustapha N’Diaye : la fête du 1er mai, c’est un rappel du sacrifice consenti par les ouvriers américains en 1886 pour instaurer la justice, l’égalité, pour pouvoir bénéficier d’un travail décent. Donc, quand les ouvriers se sont rencontrés, il y a eu une répression sanglante de la part des décideurs d’alors, il y a eu des morts. Donc, c’est à la suite de ça que le monde du travail a décidé de célébrer la fête du 1er mai pour le sacrifice consenti par nos devanciers.

Guineematin.com : au niveau de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée, où en êtes-vous aujourd’hui avec les préparatifs ?

Elhadj Mohamed Moustapha N’Diaye : on a l’habitude de fêter tous les ans. Cette fois-ci, nous avons choisi l’esplanade du palais du peuple où les festivités doivent se dérouler. Cette fois-ci, particulièrement nous allons fêter avec notre consœur de l’USTG. Donc, ce sont ces deux centrales qui se sont donné la main pour fêter ensemble au niveau de l’esplanade du Palais du peuple. Les dispositions, nous les avons déjà prises : il y a plus d’un mois que nous préparons ces festivités.

Nous entendons faire défiler les travailleurs par branche professionnelle, par entreprise et par société. Donc les défilés sont prévus. Mais, on va être très modestes cette année, on va diminuer les effectifs pour pouvoir bien défiler et prononcer l’intervention que nous avons préparée.

Guineematin.com : sur quoi portera cette intervention ?

Elhadj Mohamed Moustapha N’Diaye : vous savez que le mouvement syndical traverse aujourd’hui une crise. Il faut l’appeler ainsi. Donc, le dialogue social est un peu malmené, dès fois la liberté syndicale est violée, et nous entendons quand même dénoncer le manque de dialogue social. Le thème que nous avons prévu cette fois-ci est « Le dialogue constructif pour une paix et un développement durable ».

Donc nous entendons parler du dialogue social au niveau des autorités pour que vraiment certaines privations puissent cesser. Puisque dès fois, quand vous voulez manifester pour exprimer votre ras-le-bol, on vous empêche de le faire, et dès fois même brutalement. Nous voulons que le dialogue soit instauré entre les autorités et le mouvement syndical pour que nos droits soient valablement défendus.

Guineematin.com : quel est votre regard sur l’environnement du travail en Guinée ?

Elhadj Mohamed Moustapha N’Diaye : le plus souvent, on dit que l’argent a peur du bruit, et quand il n’y a pas une certaine liberté au niveau d’une nation, vous savez qu’en ce moment-là les multinationales, les entreprises et les bailleurs ne seront pas de gaîté de cœur pour investir dans le pays. Donc nous savons que s’il n’y a pas de paix, si le dialogue social n’est pas établi, le premier qui va en souffrir, c’est le travailleur. Puisque le chômage va s’aggraver et les travailleurs ne peuvent pas bénéficier d’un salaire décent. Nous voulons que cette liberté syndicale soit effective sur le terrain, que le travailleur puisse s’exprimer quand il peut, où il peut dans l’ordre et dans la quiétude.

Nous ne sommes pas pour la violence, loin de là, puisque nous savons que quand il y a la violence, ça n’arrange nullement pas. Nous voulons qu’il y ait une harmonie entre les partenaires sociaux, le gouvernement, l’employeur et le syndicat pour que le travailleur soit valablement défendu. En résumé, nous disons que s’il n’y a pas la paix sociale dans le pays, on ne peut parler d’emploi. Il faut que la paix soit instaurée pour que les partenaires s’écoutent autour d’une table de négociation.

Guineematin.com : quel est l’appel que vous lancez à vos démembrements, aux travailleurs membres de votre centrale, pour que la fête se passe dans les règles de l’art ?

Elhadj Mohamed Moustapha N’Diaye : ça c’est une question très pertinente. Nous voulons que tout le monde réponde à notre appel et que la cérémonie que nous organisons soit à l’intention de tous les travailleurs quels que soient les bords. Nous voulons que tout le monde s’y mette et que nous soyons là, qu’on puisse défiler paisiblement, qu’on puisse écouter les discours qui sont rédigés dans le cadre de l’instauration du dialogue pour qu’on puisse écouter les manifestes.

À travers les manifestes, nous indiquer là où le bât blesse et qu’est-ce que nous voulons pour le travailleur pour le reste de l’année. Que tout le monde soit là pour que nous puissions arriver là-bas très tôt, qu’on s’écoute, qu’on se comprenne, qu’on se parle et surtout qu’on instaure l’unité d’action au niveau de toutes les centrales syndicales pour qu’à la fin, le travailleur puisse bénéficier d’un travail décent.

Interview réalisée par Guineematin.com