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Il est le nouveau phénomène du poker français. De sa victoire au Main Event du PokerStars Championship en décembre 2017 à celle au High Roller du WPT Deepstacks Portugal en septembre dernier, Kalidou Sow enchaîne les performances avec plus de 1,5 million d’euros de gains depuis près d’un an et demi. Et, même si son aventure au PSPC a pris fin dès le premier jour, ce n’est qu’un début pour lui qui ne manque pas d’ambitions.

Comment avez-vous vécu le PSPC malgré votre élimination prématurée ?

Ce fut malgré tout une expérience extraordinaire, même si je suis déçu du résultat. J’ai été très content de le vivre et conscient d’avoir eu la chance de vivre ce PSPC. On parle quand même du plus gros tournoi à 25 000 dollars (22 000 euros) de l’histoire avec 1039 joueurs inscrits, 26,5 millions de dollars de prize-money (23,2 millions d’euros) et 5,1 millions de dollars (4,5 millions d’euros) de gains pour le vainqueur.

Votre objectif était de mettre la main dessus ?

J’avais pour espoir de gagner. J’étais venu aux Bahamas pour la victoire, mais j’étais conscient de la difficulté pour atteindre cet objectif. Mais il y aura d’autres tournois et je continue d’emmagasiner de l’expérience qui me sera très utile pour la suite.

Cette déception n’enlève en rien à ce que vous vivez depuis un peu plus d’un an…

Je vis quelque chose d’extraordinaire. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai encore du mal à redescendre de mon nuage. J’ai beaucoup de chance de vivre ça et j’espère que cela va continuer. C’est inattendu pour moi, même si j’ai mis tout en œuvre et fait beaucoup de sacrifices pour en arriver là.

Quel genre de sacrifices ?

Etre tout le temps en déplacement et loin de ma famille. Je prends le poker comme un travail et cela demande énormément de rigueur. Il ne faut rien laisser au hasard. Les gens n’ont pas conscience de ce qu’endure un joueur avant de gagner des tournois. C’est également très dur mentalement. Il faut savoir s’accrocher et se relever quand on trébuche.

Comment avez-vous commencé le poker ?

Un peu comme beaucoup de monde. C’était en 2011. J’ai commencé en famille et entre amis avec des mises d’une dizaine d’euros pour pimenter un peu les parties. De fil en aiguille, je me suis pris de passion. J’ai fait quelques petites étapes sur le circuit qui m’ont permis de faire mes gammes avant de réaliser ma première performance à Enghien en 2015. A partir de ce moment, j’ai été régulier sans franchir le cap, mais je sentais que je n’en étais pas loin. Jusqu’à l’année dernière, où tout s’est enchainé.

Vous avez eu comme un déclic…

Tout a été bousculé. Et ces performances m’ont conforté dans mes décisions. Ça n’a pas l’air, mais je suis quelqu’un qui doute beaucoup. Cela m’aidé à prendre confiance en moi malgré mon parcours différent des autres. Cela m’a aussi permis de voir que j’étais capable de réaliser certaines choses.

Le poker a-t-il changé votre vie ?

C’est indéniable. Avant, j’étais un jeune entrepreneur. J’ai eu une entreprise de location de voitures, puis une autre dans l’isolation. Le poker est arrivé et j’ai décidé de tout arrêter pour m’investir entièrement dans le poker. Je me concentre vraiment sur le poker et sur mon jeu. Je peux encore faire de belles choses. J’ai confiance en moi et je pense qu’on va entendre beaucoup parler de moi. Je veux devenir le meilleur joueur du monde.

Comment conciliez-vous poker et vie privée ?

Ma femme aimerait évidemment que je sois davantage présent à la maison. C’est un des problèmes du poker. Souvent je dis que j’aurais préféré connaître cette vie en étant célibataire. Je me restreins pour rester en famille et voir mes enfants grandir. Mais ce n’est pas facile car je suis un passionné.

Aimeriez-vous être sponsorisé ?

Cela fait partie de mes volontés. J’aspire à beaucoup de choses et j’aimerais avoir une grosse structure qui puisse m’accompagner. C’est un long travail et je pense qu’avec une grosse structure, il y aurait de belles choses à faire. J’ai eu quelques contacts, mais encore rien de concret. J’attends patiemment.

«PLUS JEUNE, JE RÊVAIS D’ÊTRE LE PREMIER JOUEUR FRANÇAIS EN NBA»

Vous avez connu des moments difficiles par le passé, avec notamment un grave accident de voiture…

Il y a quelques années, je sortais assez régulièrement. Et un soir, en rentrant de discothèque, je me suis endormi au volant. C’est un exemple à ne pas suivre. Cet accident a été une leçon de vie, car je ne suis pas passé loin… Cela aurait pu basculer du mauvais côté. Ça m’a un peu canalisé. Avec tout ce qui m’est arrivé, je pense avoir une petite étoile au-dessus de la tête.

Plus petit, votre rêve était de devenir basketteur professionnel…

J’étais un fan absolu de basket. J’ai commencé le basket, j’avais à peine 4 ou 5 ans. Je suivais mon grand frère sur les terrains quand il s’entrainait. J’avais de bonnes aptitudes à cette époque et je rêvais d’être le premier joueur français en NBA. Avec mon esprit de compétiteur, je ne dis pas que cela aurait pu être facile, mais pas été impossible. Avec le recul, c’est un gros regret même si le poker l’attenue un peu.

Et du coup, qu’est-ce que cela vous fait d’avoir pu jouer à la même table que Paul Pierce au PSPC ?

C’était un super bon moment et ça restera un excellent souvenir. Il a mis l’ambiance sur la table. Il a mis de la musique alors que d’habitude on joue dans le calme. Il était vraiment très sympathique.

Si vous aviez le choix, que choisiriez-vous aujourd’hui entre le basket et le poker ?

Je vais peut-être faire des déçus, mais j’ai envie de dire basketteur professionnel. C’est un rêve de gosse.

Cette flamme pour le basket est-elle toujours présente ?

Même pas. Un jour, je n’ai pas eu un bon bulletin et mon frère m’a puni six mois. Mais une fois la punition terminée, je ne m’y suis plus intéressé. Je me suis tourné vers le foot.

Quelle équipe supportez-vous ?

Je suis un supporter du PSG. Même quand je suis en déplacement, je suis les résultats et regarde les matchs sur mon ordinateur. Un de mes amis est d’ailleurs Bernard Mendy, qui est encore au club au sein de la section féminine. Tout comme Momo Sissoko qui a également joué à Paris.

Est-ce enfin la bonne année pour gagner la Ligue des champions ?

J’ai bon espoir. On a un très bon entraîneur avec Thomas Tuchel. J’ai confiance en lui. Neymar est revenu avec de très bonnes dispositions et Kylian Mbappé gagne en maturité. J’aurais tellement aimé qu’il remporte le Ballon d’or. Mais avec eux, Paris peut espérer enfin soulever cette Ligue des champions.

Cnews