Accueil ACTU INTERNATIONALE Le désarroi des enfants-migrants qui débarquent à Paris : où trouver de l’aide ?
Le désarroi des enfants-migrants qui débarquent à Paris : où trouver de l’aide ?

Le désarroi des enfants-migrants qui débarquent à Paris : où trouver de l’aide ?

0

Ces derniers mois, de plus en plus de jeunes migrants mineurs arrivent à Paris, seuls, livrés à eux-mêmes. Ils ont échappé aux radars des services de police et des services sociaux et ne savent pas où trouver un hébergement, ou encore une aide alimentaire et sociale.

Selon Human Right Watch (HRW), le seul service habilité à prendre en charge les mineurs isolés en France, l’Aide sociale à l’enfance (ASE), s’est occupé de plus de 25 000 enfants migrants non accompagnés en 2017, soit une augmentation de 92 % par rapport à 2016. Près de la moitié de ceux qui cherchent à être pris en charge par ce service en France en font la demande à Paris.

Mais dans la capitale, beaucoup échappent aussi aux radars de l’ASE, des maraudes, des associations, ou encore des services de police. Arrivés clandestinement en France, terrifiés à l’idée d’avoir affaire aux autorités, ils ne savent pas où se présenter pour se faire aider, pour dormir à l’abri ou manger à leur faim. Selon HRW, 200 enfants-migrants dormiraient chaque soir dans les rues de Paris.

Infomigrants fait un point sur les lieux et les institutions d’aides aux mineurs isolés à Paris.

1) Se présenter au Demie : le Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers

À Paris, c’est la Croix-Rouge qui s’occupe des mineurs isolés. Il faut se rendre dans les locaux du Demie (Dispositif d’évaluation des mineurs isoles étrangers), 5 rue du Moulin Joly, dans le 11e arrondissement. Le Demie est ouvert le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 18h et le mercredi de 11h à 18h.

Si vous arrivez dans un autre département français (dans les Alpes-Maritimes, par exemple, parce que je viens d’Italie), vous devez vous adresser à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui se trouve au sein du Conseil départemental. En vertu des lois européennes et de la Convention internationale des droits de l’enfant, un mineur est un enfant avant d’être un migrant. À ce titre, il a le droit d’entrer dans le dispositif français de protection de l’enfance.

Le Demie ou l’ASE va vous donner une date pour un entretien. Ni l’un, ni l’autre n’ont le droit de vous refuser l’accès à leurs locaux. En cas de refus, vous pouvez demander l’aide d’une association.

Dans les autres départements, des associations peuvent également vous aider. En voici ici une liste non-exhaustive.

À partir du moment où vous avez la date de votre rendez-vous d’évaluation, le Demie a la responsabilité de vous loger. Une fois reconnu(e) mineur(e), en fonction de votre âge et des places disponibles, vous pouvez être placé(e) en foyer de l’enfance, dans un hôtel social, dans des Maisons de l’Enfance, ou en famille d’accueil.

2) Centres d’accueil de jour

À Pantin : Médecins sans frontières (MSF) a ouvert au début de l’année un centre d’accueil de jour pour les mineurs isolés. Les jeunes y reçoivent un repas chaud, peuvent s’abriter pendant quelques heures.

Ils peuvent également bénéficier d’une aide juridique pour faire appel de la décision sur leur minorité et voir une psychologue, une infirmière ou une assistante sociale. Le centre d’accueil de jour se trouve au 101 bis avenue Jean Lolive, 93 500 Pantin. Métro : Eglise de Pantin / Hoche (ligne 5). Horaires d’ouverture : 9H – 17H lundi, mardi, jeudi et vendredi.

À Montreuil : L’association « Hors la rue » s’occupe des mineurs isolés. Le centre d’accueil se trouve au 70 rue Douy Delcupe, 93 100 Montreuil

3) Les distributions de nourriture

L’association Aurore distribue chaque jour de 9h à 12h entre 600 et 700 petits déjeuners, au 56 Boulevard Ney, près de la Porte d’Aubervilliers, dans le 18e arrondissement.

Les Restos du cœur s’occupe des repas du soir, au square Anaïs Nin, à la Porte d’Aubervilliers, à partir de 19h30, du mardi au vendredi.

Les migrants y reçoivent chaque un plateau composé d’une boisson chaude, de deux petits pains, de quelques carrés de chocolat, d’une briquette de jus de fruits et d’une compote.

4) Les hébergements

Vous venez d’arriver à Paris et vous ne connaissez personne.

Rendez-vous à la Porte d’Aubervilliers, dans le nord de Paris (en face de l’arrêt du tram T3b)

Des réseaux associatifs tentent chaque soir de loger via un réseau d’hébergement solidaire des dizaines de jeunes migrants à la rue.

L’association Utopia 56 est présente dans le square Anaïs Nin, chaque jour de la semaine. Vous pouvez également rencontrer des militants des associations Paris d’exil ou encore Espérance qui aident à trouver des abris d’urgence.

L’ONG France Terre d’asile (FTA) effectue des maraudes de 7h à 21h dans le nord de Paris tous les jours de l’année. FTA dispose de 25 places d’hébergement à l’intérieur de sa structure pour les publics de plus fragiles. Faites-vous connaître auprès des équipes de FTA si vous les croisez.

Il est également possible de composer le numéro des urgences sociales, le 115, sur votre portable.

5) Les aides médicales

Sans papiers, sans domicile, vous pouvez vous rendre dans les PASS (permanences d’accès aux soins) à Paris pour vous faire soigner. Les PASS sont gratuites et accessibles sans rendez-vous :

Les PASS pour enfants :

Ambroise-Paré (Boulogne – 92) : 9, avenue Charles-de-Gaulle, 92100 Boulogne

Armand-Trousseau (Paris 12e) jusqu’à 16 ans : 26, avenue du Docteur Arnold-Netter, Paris 12e

Jean-Verdier (Bondy – 93) : Avenue du 14 Juillet, 93 140 Bondy

Robert-Debré (Paris 19e) : 48, boulevard Sérurier, Paris 19e

Louis-Mourier (Colombes – 92) : 178, rue des Renouillers, 92 700 Colombes

Il existe aussi d’autres structures de santé pour les mineurs :

La permanence de Médecins du Monde (MdM) pour les mineurs : 15 Boulevard de Picpus 75012 Paris

Le mercredi 9h30 – 13h00 avec rendez-vous

Le mercredi 14h15 -17h00 sans rendez-vous

Clinique mobile de MSF : Porte d’Aubervilliers, dans le nord de Paris

L’ONG médicale est présente tous les mardis de 10h30 à 16h jusqu’à la fin du mois août. À partir de septembre, les consultations auront lieu le jeudi.

Share Button
Guineesignal

LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *