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Les agissements de l’actuel président guinéen couronné par ses sorties médiatiques du 10.02. 20 dans les médias français mettent en relief le comportement d’un « big man » à la place d’un chef d’état ayant pour objectif d’imposer à la Guinée un parti hégémonique dominant et surtout priver au peuple de Guinée sa souveraineté.

En effet son envie de vouloir imposer aux guinéens un parti hégémonique autoritaire dominant avec une présidence à vie n’est plus un secret pour personne. Le projet de tripatouillage constitutionnel est l’une des voies prisée pour y parvenir. Car ce genre de parti s’active certes à organiser
des élections, comme c’est le cas du parti au pouvoir guinéen, mais leur résultat l’est également (par la fraude électorale ou d’autres moyens) et les autres partis ont le droit d’exister, mais la possibilité d’une rotation du pouvoir c’est à dire d’une alternance n’est en aucun cas envisagée ou envisageable. D’où la dangerosité de ce genre de parti et son caractère antidémocratique.

Et pour ce faire une telle situation est rendue possible par le fait d’avoir eu que des partis notables en Guinée avec en leur tête des « big man », c’est-à-dire un personnage influent et bien entouré, principalement grâce au recours systématique du clientélisme. Ils agissent à rebours puisqu’ils puisent leur pouvoir (y compris économique) dans leur capacité à contrôler et à utiliser les structures et les ressources publiques. Et ce genre de partis politique est caractérisé par sa faiblesse organisationnelle et demeure surtout très centralisé et caractérisé par des pratiques personnalistes et informelles difficiles à saisir.

Pire les actions de tels partis sont souvent mal coordonnées et incohérentes. Ce sont ces facteurs qui facilitent l’enracinement des partis dominants, comme ce fût le cas avec le PUP de feu Lansana Conté et risque d’être le cas avec le RPG du professeur Alpha condé. Et sa réponse sur les médias français concernant son éventuelle candidature pour les élections présidentielles prochaines, confirment cet état de fait.

Et c’est ce qui explique pourquoi Alpha condé est depuis la création du RPG le seul président à la tête du parti, et c’est comme si au sein du RPG, il est la seule personne apte à prendre les rênes du parti et par conséquent être à la tête de l’État guinéen. Son pouvoir est donc immuable, inaltérable, indestructible, rendant l’alternance donc impossible.

Et l’autre voie prisée du président de la République guinéen favorisant la naissance d’un tel parti est lié à son parrainage et soutien à la naissance des partis ethniques qui constituent aujourd’hui une sérieuse entrave à la consolidation de la transition démocratique en Guinée. Car partout où les partis ethniques se forment et cristallisent leur base électorale, les élections deviennent dans un tel contexte de simples exercices permettant de mesurer la dimension démographique d’une ethnie, une sorte de recensement au fait. Cela risque de nuire au déroulement d’élections compétitives et de rendre difficiles l’acceptation mutuelle et la consolidation démocratique, comme c’est le cas en Guinée actuellement. Donc son projet de coup d’état constitutionnel prévu le 01.03.2020 n’aura non seulement aucune légitimité, mais demeurera aussi une sorte de recensement démographique à caractère ethniciste.

En effet, le président Alpha Condé prouve donc à suffisance qu’il était un « big man » avant d’accéder au pouvoir et qu’il l’est encore aujourd’hui. Et de par ces agissements actuels Il devient aussi un nain politique qui a érigé en 9ans un État guinéen qui est sur le plan économique, militaire, politique aussi un nain, sinon il allait nous laisser notre constitution et partir.

Et si les guinéens veulent garder leur souveraineté, avoir un système démocratique consolidé, et surtout empêcher le président Alpha Condé et son clan mafieux de continuer à piétiner le droit des guinéens, en leur imposant un Parti-État autoritaire et despotique, l’instauration d’un système de parti politique institutionnalisé demeure alors impératif, car institutionnaliser les partis politiques est le seul moyen de faire d’eux, des organisations durables, ancrées dans la société, légitimes, stables et efficaces sur le terrain, susceptibles de contribuer de façon positive à la consolidation démocratique.

Et c’est pourquoi il est urgent et impératif de parler d’une même voix pour que ce projet de tripatouillage constitutionnel ne soit pas une réalité et surtout pour que cela sert d’exemple à ceux qui aspirent à gouverner ce pays dans un proche avenir.

Et par après il faudra aussi mener le combat pour avoir des partis électoraux, pouvant favoriser la transformation radicale dans l’organisation et les stratégies de partis, et surtout l’émergence de partis politiques institutionnalisés, pour éviter l’arrivée à la tête de l’État guinéen d’autres « Big man » du genre Alpha Condé.

Aissatou Chérif Balde la politique autrement.