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« Mister George » enfin président du Libéria: la démocratie avance en Afrique de l’Ouest

« Mister George » enfin président du Libéria: la démocratie avance en Afrique de l’Ouest

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L’ancien attaquant de renom, premier Ballon d’or non européen (1995), Meilleur footballeur de l’année FIFA 1996, ESPY Award : Prix Arthur Ashe du courage 2004 et sénateur de Monrovia George Tawlon Manneh Oppong Ousman Weah est enfin devenu président de la République libérienne après 10 ans d’usurpation du pouvoir par Ellen Johnson Sirleaf, imposée par les lobbies maçonniques qui plombent le devenir du continent noir.
Félicitations Mister George, tu es une fierté pour tes congénères africains. Élevé à la dure par ta grand-mère dans un bidonville, tu as du punch et tu es tenace. Après avoir été un footballeur hors pair, tâche d’être un bon président de la République.
L’Afrique Occidentale connaît depuis 3 décennies une avancée remarquable sur la voie démocratique. Le mouvement a commencé avec la Conférence nationale béninoise de 1989-1990 sous l’impulsion de l’archevêque de Cotonou Isidore de Souza. Les conclusions de la Conférence permettent d’organiser en 1991 une élection multipartite où le Premier ministre Nicéphore Soglo bat le président sortant Mathieu Kérékou (qui avait régné 19 ans sur le Dahomey devenu la République populaire du Bénin par sa volonté). La démocratie est désormais engagée dans le pays, les élections sont propres, le verdict des urnes fait loi. Cinq ans plus tard, en 1996, Soglo n’obtient pas un second mandat, battu qu’il est par Kérékou. Redevenu président, démocratiquement cette fois, Kérékou rempile en 2001 et quitte le pouvoir en 2006. Il aura passé 10 ans à la tête du pays en toute démocratie après avoir accepté de convoquer une Conférence nationale qui ne lui a pas été favorable. Lors de son discours de La Baule, en 1990, François Mitterrand prendra l’exemple du Bénin pour encourager le continent africain à entamer les mutations politiques souhaitables.
La Conférence nationale béninoise a été un véritable déclic pour l’Afrique de l’Ouest (au Zaïre, actuelle RDC, Mobutu a tôt fait de bafouer les conclusions de la Conférence nationale et de se défausser du PM Étienne Tshisékédi).
Les sociétés civiles ouest-africaines en prennent de la graine, quant à elles. Leur maturation s’accélère, elles s’affirment peu à peu face au pouvoir central. Par 8 fois, elles dégagent des présidents qui s’accrochent au pouvoir comme une bernicle à un rocher: Kérékou, Moussa Traoré, Tandja, Gueï, Bédié, Wade, Compaoré et, récemment, l’hurberlu Yahyah Jammeh alias Babili Mansa, l’ubuesque et folklorique président gambien qui se croyait né de la cuisse de Jupiter comme Bacchus Bimater.
Avant l’avènement de Weah, 11 des 15 pays de l’Afrique Occidentale sont entrés en démocratie. Ils ont un président bien élu, grâce à une société civile qui s’impose. Le Libéria est le douzième du cercle démocratique. En tout 12 pays sur 15: assurément, la société civile prend son destin en main en Afrique de l’Ouest.
Restent les cas inquiétants du Togo, de la Côte-d’Ivoire et de la Guinée où les clivages politico-ethniques sont rédhibitoires et appellent la certification sans parti pris de l’Onu pour éviter le pire aux prochaines présidentielles. Car l’Onu ne doit pas intervenir seulement après le chaos, mais pour le prévenir là où les signes avant-coureurs sont manifestes…
Au demeurant, l’Afrique Occidentale connaît un dynamisme exceptionnel et une avancée certaine sur la voie de la démocratie. Il est surprenant qu’à contre-courant on y caresse quelque part le rêve d’un troisième mandat voire d’une présidence à vie. Sans doute une illusion d’optique!
À quelques exceptions près, les autres sous-régions (Maghreb, Afrique Centrale et Afrique de l’Est – les deux nids des dinosaures du continent noir -, Afrique Australe) ont des sociétés civiles encore faibles. Elles sont toujours muselées ou noyautées par des dictateurs féroces et inamovibles. Mais le jour où le peuple y sera plus fort que le régime, il secouera le joug et dégagera son tyran. Par l’union des forces et par le courage individuel et collectif ce jour arrivera tôt ou tard partout en Afrique.

Elbechir Diallo
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