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Binta Diallo, tu n’es plus que cendre et poudre, tu avais le front haut et dégagé et tes yeux barraient ton visage à sa moitié.
Ils pétillaient d’intelligence et laissaient entrevoir ta beauté intérieure, celle qui aime et ne sait pas tuer.
Et la vie te promettait de la croquer à belles dents.
Qu’as-tu fait de mal pour que ton âme soit tranchée si jeune, toi qui ne demandais qu’à aller à l’école amie de ton avenir, et non en grève que tu n’as point déclenchée?
Est-ce parce que ton faciès, comme celui de tant d’autres jeunes innocents avant toi, est devenu un cas pendable, le crime absolu, la peste noire en Guinée face à une faction qui aime le pouvoir plus que Pharaon?
Tu étais juste sortie acheter de l’eau, et un index scélérat, t’ayant dans sa ligne de mire satanique, a appuyé sur la gachette.
Comme ces vers lumineux de la célèbre chanson « Inch’Allah » d’Adamo s’appliquent parfaitement au sort qu’on t’a fait par des instructions savamment dirigées contre tes congénères et dont tu as été la victime par un hasard calculé!:
« Ne vois-tu pas, humble chapelle,
Toi qui murmure « paix sur la terre »,
Que les oiseaux cachent de leurs ailes
Ces lettres de feu « danger! frontière! »?
Le chemin mène à la fontaine,
Tu voudrais bien remplir ton seau,
Arrête-toi Marie-Madeleine,
Pour eux ton corps ne vaut pas l’eau! »
Que ton assassinat, petite Binta, ne soit pas vain.
Par la main du Seigneur,
« Tu les briseras avec une verge de fer,
Tu les briseras comme le vase d’un potier. »
(Paroles d’Allah à Annabi Daouda. Inch’Allah).
Repose en paix, que le Très-Haut, de Son Trône majestueux et resplendissant, t’accueille dans le sein d’Annabi Ibrahim et dans l’Assemblée des Justes!
Amina

El Béchir