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Par Myriam Kasrawi

En Afrique, le plastique est très utilisé dans les emballages en raison de son coût relativement faible. Il est devenu une source de pollution rampante.

La pollution par les déchets plastiques en Afrique est très répandue. Elle défigure le paysage et pose de sérieux problèmes surtout pour la faune marine et menace, par conséquent, les ressources des populations vivant sur le littoral. Selon les statistiques de l’ONU Environnement, sur les 32 millions de tonnes de plastiques déversées dans les océans et sur les côtes, 4,4 millions de tonnes concernent l’Afrique.

«50 pour cent du plastique que nous utilisons est à usage unique ou jetable», d’après la même source. Les systèmes de collecte des déchets plastiques sont souvent inefficaces et les capacités de recyclage limitées. D’après la Banque mondiale, seulement 6,6 pour cent des déchets sont recyclés en Afrique subsaharienne. Dans les villes africaines, les déchets jonchent les routes, les rivières, les trous de forage et bloquent les systèmes d’égouts. Quelque 34 pays africains ont adopté des législations visant à interdire l’usage des sacs en plastique à usage unique.

Ils ont interdit ou limité la production, l’importation ou la distribution commerciale de ces sacs, source d’une grande pollution qui menace l’écosystème, selon un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), publié à la veille de la journée mondiale de l’Océan, le 8 juin 2019. Parmi ces pays figurent, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Cameroun, le Burkina Faso, la Tunisie, le Maroc, le Ghana, la Tanzanie, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Mozambique, le Sénégal, le Togo et le Mali.

Certains pays, tels que le Kenya, sont allés jusqu’à instituer des peines de prison et des amendes dont les montants peuvent atteindre 38.000 dollars, à l’encontre des contrevenants qu’ils soient fabricants, importateurs ou utilisateurs. Pourtant, le problème de la pollution plastique est loin d’être résolu en Afrique.

Sharon Schipa, activiste de la société civile et journaliste spécialiste de l’environnement au Botswana estime que «les gouvernements en Afrique craignent de supprimer des industries existantes liées aux plastiques, car cela signifie des pertes d’emploi». «On constate la même chose dans les combustibles fossiles, les gouvernements savent qu’ils émettent des gaz à effet de serre, mais ils veulent mettre en place des solutions alternatives avant d’oser fermer les centrales de charbon, par exemple», a-t-elle déclaré à la dpa.

Selon «MediaTerre», système d’information francophone mondial pour le développement durable, «si l’on veut agir efficacement contre la pollution plastique en Afrique, il faut sortir de la logique autoritaire de l’imposition sous contrainte, pour entrer dans une logique de concertation et de délibération».

dpa