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Les bonnes nuits de sommeil favorisent la santé cardiovasculaire. Mais pour quelle raison ? Des chercheurs ont identifié chez la souris un mécanisme qui expliquerait ce phénomène ; il implique un peptide produit par le cerveau qui agirait sur la moelle osseuse et les vaisseaux sanguins.

En France, d’après l’Inserm, une personne sur trois souffre d’un trouble du sommeil. Or différentes recherches ont trouvé un lien entre des problèmes de sommeil et des pathologies, comme l’apnée du sommeil, le diabète, le cancer, ainsi que les troubles cardiovasculaires. Mais quel mécanisme cellulaire et moléculaire peut expliquer ce lien entre le sommeil et la santé cardiovasculaire ?

Dans cette étude parue dans Nature, les chercheurs de la Harvard Medical School de Boston se sont intéressés au durcissement des artères, ou athérosclérose. Pour cela, ils ont travaillé sur des souris génétiquement modifiées afin de développer de l’athérosclérose. Certaines souris pouvaient dormir normalement, et les autres ont été perturbées dans leur sommeil.

Au fil du temps, les souris qui dormaient mal avaient plus de lésions au niveau des artères : leurs plaques d’athérome étaient plus grosses d’un tiers environ. Elles avaient aussi dans leur sang deux fois plus de cellules connues pour être inflammatoires, certains monocytes, par rapport aux autres souris. De plus, leur niveau d’hypocrétine – une neurohormone produite par l’hypothalamus – était plus bas.

Les hypocrétines, ou oréxines, sont des neuropeptides qui tirent leur nom d’une contraction entre les mots « hypothalamus » et « sécrétines ». Les neurones de l’hypothalamus qui produisent l’hypocrétine possèdent des projections qui peuvent être dirigées vers d’autres régions du système nerveux central. D’après le Bulletin de la Société des Neurosciences, l’injection d’hypocrétine induit le réveil chez le rat. L’hypocrétine joue un rôle dans le sommeil et l’éveil.

L’hypothalamus est une zone du cerveau située sous le thalamus. © Hank Grebe, Fotolia

Une recherche qui ouvre la voie à de nouveaux traitements

Pour les auteurs, le sommeil contrôle l’hématopoïèse, c’est-à-dire la production de cellules sanguines, et protège contre l’athérosclérose chez la souris. Le mécanisme est le suivant : certaines cellules de la moelle osseuse, des précurseurs de globules blancs, ont des récepteurs de l’hypocrétine ; en présence d’hypocrétine, les souris ont moins de monocytes circulants et moins d’athérosclérose. En revanche, sans hypocrétine, les souris ont plus de monocytes et d’athérosclérose.

Les chercheurs ont aussi testé l’effet d’une complémentation en hypocrétine sur les souris. Résultat : l’hypocrétine permet aux souris qui dormaient mal de produire moins de cellules inflammatoires et de développer des lésions plus petites, par rapport aux souris non-complémentées.

Ces résultats suggèrent qu’un mauvais sommeil s’accompagne d’une baisse de niveau de l’hypocrétine qui favorise l’inflammation et l’athérosclérose. Mais il faudra d’autres travaux pour savoir si ce lien existe aussi chez l’homme et si l’hypocrétine peut être utilisée comme thérapie.

Dans un communiqué, Filip Swirski, un des auteurs de l’étude, explique : « Nous avons identifié un mécanisme par lequel une hormone du cerveau contrôle la production de cellules inflammatoires dans la moelle osseuse de manière à protéger les vaisseaux sanguins contre des dommages. »Mais pour que cet effet bénéfique ait lieu, un bon sommeil est indispensable : « Ce mécanismeanti-inflammatoire est régulé par le sommeil et s’effondre lorsque vous perturbez fréquemment le sommeil ou si vous présentez une mauvaise qualité de sommeil. »

  • Un mauvais sommeil est associé à des troubles cardiovasculaires.
  • Chez un modèle de souris, le manque de sommeil se traduit par des plaques d’athérome plus importantes.
  • Une hormone produite par le cerveau, l’hypocrétine, agit sur les cellules de la moelle osseuse et réduit l’athérosclérose.
POUR EN SAVOIR PLUS

Faites une sieste pour contrer l’hypertension !

Article de Claire Peltier paru le 14 décembre 2010

À l’occasion de la journée nationale de lutte contre l’hypertension, prenez le temps de vous intéresser à votre sommeil. L’hypertension pourrait en effet être liée à un repos trop court ou peu qualitatif. 

Hypertendus, dormez-vous bien ? C’est la question posée par le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA) à l’occasion de la journée nationale de lutte contre l’hypertension.

C’est également le titre d’un livret, destiné à tous afin de prendre conscience que le sommeil aide à réguler la tension artérielle. En effet, la fréquence cardiaque et la pression artérielle s’abaissent lors des phases de repos. Des études ont montré que le manque de sommeil (moins de 7 heures par jour) ou une mauvaise qualité du sommeil (ronflementapnée du sommeil…) sont souvent associés à une hypertension.

Reposer son système cardiovasculaire

De courtes siestes semblent également procurer un effet bénéfique sur le système cardiovasculaire, alors qu’à l’inverse des siestes plus longues empêcheraient de trouver le sommeil le soir venu.

S’intéresser à son propre sommeil afin de l’améliorer pourrait permettre de préserver son cœur. Alors n’hésitez pas : parlez-en à votre médecin.

Vous pouvez aussi parcourir nos questions-réponses sur l’hypertension artérielle.

Source : Futurasante