Accueil ACTUALITES Tibou Kamara, ministre d’Etat, conseiller personnel du chef de l’Etat : « nos magistrat savent qu’ils ont affaire désormais à une opinion plus vigilante »
Tibou Kamara, ministre d’Etat, conseiller personnel du chef de l’Etat : « nos magistrat savent qu’ils ont affaire désormais à une opinion plus vigilante »

Tibou Kamara, ministre d’Etat, conseiller personnel du chef de l’Etat : « nos magistrat savent qu’ils ont affaire désormais à une opinion plus vigilante »

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Des responsables de l’Ufdg menacés d’être convoqués par la justice dans l’affaire Elhadj Koula Diallo, nous avons approché Tibou Kamara pour recueillir sa réaction.

Le ministre d’Etat, des responsables de l’Ufdg pourraient être convoqués par la justice après la comparution de Bah Oury dans l’affaire Koula. Qu’en pensez-vous ?

La justice est au service de la paix, de la démocratie et de la liberté. Elle tire sa force et son autorité de l’indépendance qui lui est reconnue et du civisme des citoyens. Chacun souhaite que l’assassinat du journaliste Koula soit élucidé sans passion ni arrière-pensée politique, parce qu’aucun crime dans notre pays ne doit rester impuni. C’est pourquoi il faut souhaiter dans cette affaire comme tant d’autres qu’il n’y ait pas d’interférences dans l’instruction ni volonté d’orienter les enquêtes. C’est à la justice et à elle seule

de juger qui doit être entendu ou non dans l’instruction qui a été ouverte et pendant le procès annoncé afin de ne pas alimenter une quelconque suspicion ou de laisser supposer une collision d’intérêt. Surtout que dans nos pays des citoyens sont convaincus que le politique n’est jamais loin de la justice.

 

Ne croyez-vous pas que la convocation des responsables ou proches de l’Ufdg sur dénonciation de Bah Oury ne vous complique la tâche dans vos efforts en faveur d’une détente politique dans notre pays ?

C’est vrai qu’il y a un risque d’incompréhension, parfois des tensions, à convoquer des responsables politiques surtout du principal parti d’opposition dont les rapports avec le pouvoir n’ont pas toujours été faciles. Mais l’essentiel qu’ils le soient sur la base des faits et du souci que nous partageons tous pour connaitre la vérité et de rendre justice pour que le sentiment d’impunité prenne fin. La difficulté c’est en voulant rendre justice de commettre des injustices ou de donner le sentiment que face à la loi, on n’a pas tous le même traitement : certains seraient plus privilégiés ou protégés que d’autres. Nous sommes tous contre une justice à deux vitesses. Personnellement, je n’ai pas de doute que nos magistrats sont guidés dans la tâche difficile de rendre justice sans passion ni discrimination par la loi et aussi leur conscience. Ils savent qu’ils ont affaire désormais à une opinion plus vigilante et à des peuples plus conscients de leurs droits. La démocratie est passée par là.

 

Puisqu’on parle de justice, en tant qu’ancien collaborateur de feu le général Lansana Conté, comment voyez-vous les litiges qui opposent des proches du défunt aux héritiers et acquéreurs de ses biens ?

J’ai suivi à travers les médias ces tiraillements autour des biens du défunt qui n’honorent pas sa mémoire et montrent combien de fois la faillite morale dans nos sociétés. Pour ceux qui ont connu et approché feu le général Lansana Conté, ils savent qu’il n’était pas préoccupé par l’enrichissement personnel et n’était porté à l’accumulation des biens. Après de longues années de pouvoir, son patrimoine est bien modeste et

il serait malheureux de voir qu’on se déchire aujourd’hui autour de son héritage qui, je le crois, est d’abord l’affaire de sa famille avant d’être celle de ses proches ou lointains parents. Cette famille, si elle le souhaite, peut céder ses biens. Et il n’appartient pas à quelqu’un d’autre, qui qu’il soit, qui n’est pas concernés par les droits de succession, de s’y opposer comme on le voit dans l’immédiat. Et plus grave encore de mobiliser du monde pour investir les propriétés acquises dans des conditions prévues par nos textes et lois par certains des particuliers triés sur le volet. Dans un Etat de droit, personne ne peut se rendre justice. Personne non plus ne peut contester la propriété d’autrui ou s’y rendre pour semer des troubles. Lorsque c’est un élu du peuple, dans une indifférence coupable, au mépris de la loi et en violation des droits qui plus est leader politique, c’est plus grave encore.

 

Que faut-il faire en pareilles circonstances ?

Je ne suis pas un homme de droit. Mais je pense que lorsqu’on se sent lésé, il faut user des recours légaux, déposer plainte devant les autorités compétentes qui se chargeront de dire le droit et d’appliquer la loi au risque que les citoyens perdent confiance dans les pouvoirs publics et soient tentés à leur tour d’enfreindre la loi sous prétexte de ne pas disposer de recours ou de se défendre légitimement. On n’est pas dans une jungle où c’est la loi du plus fort. Les tensions dans les pays ont pour origine les frustrations et les injustices nombreuses subies par les uns et les autres et le sentiment que l’Etat à travers la justice n’arrive pas à y faire face.

 

Justement, que faut-faire pour mettre fin à l’impunité ?

Que l’Etat prenne ses responsabilités et la justice dans notre pays s’exerce en toute conscience et dans l’impartialité totale : qu’aucun innocent ne soit accablé, qu’on ne laisse aucun coupable courir,  que la loi s’applique à tous ! Personne ne doit considérer que l’Etat ou la loi c’est lui ! Chacun doit connaitre ses limites, savoir qu’il n’y a pas de droits sans devoirs. C’est à ce prix qu’on pourra garantir la stabilité de nos institutions et la paix sociale.

Recueillis par Diallo Alpha Abdoulaye (le Populaire)

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