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La recrudescence des compromis et compromissions politiques qui ont caractérisé le règne de l’actuel président guinéen pendant ces neufs dernières années, ont participé à mon avis au recul de l’État de droit constitutionnel en Guinée et a d’une part permis au régime guinéen à exécuter son plan de coup d’état constitutionnel du 22.03.20.

La faible crédibilité de la constitution et de la justice constitutionnelle guinéenne , vitrines d’une « démocratie émasculée; voulue et entretenue par le gouvernement actuel , expliquerait d’une part cette tendance actuelle et le tout couronné par la complicité ou complaisance de l’opposition politique élargie à travers des dialogues et des accords qui ont par conséquent permis au bafouément en permanence de la constitution guinéenne qui devrait pourtant être la norme qui fixe le statut de l’État et qui assure l’encadrement juridique de son pouvoir. Donc rien n’expliquait la substitution des accords politiques aux lois de la République et de la constitution et surtout dans le cadre d’un contentieux électoral où il n’y avait pas de garantie qu’un gouvernement incapable de respecter l’esprit de la loi, de la constitution allait être prête à assurer l’applicabilité d’un accord politique signé dans un contexte de protection et de retour à la stabilité sociale suite à des secousses observées. Tel fût d’ailleurs le cas lors des élections municipales à Kindia.

Cette situation et cette attitude irréfléchie de l’opposition politique élargie guinéenne a permis entre autres, au gouvernement de semer le chaos et le désordre en Guinée pour ainsi pouvoir faire passer son coup d’état constitutionnel au prix du sang des guinéens sans rechigner.

Et en analysant la situation actuelle de ce pays nous avons l’impression de n’avoir que des acteurs politiques guinéens assoiffés de pouvoir, qui brillent entre incohérence, manque de conviction, de clarté et de clairvoyance. Sinon comment expliquer qu’en 9 ans leur seule stratégie ne consistait qu’à conduire leurs militants vers l’abattoir du nouveau tortionnaire et après le décompte macabre, ils partent comme une cohorte zélée négocier sans préalable avec les bourreaux des jeunes martyrs.
N’est ce pas ils ont siégé jusqu’au jour des élections de la honte le 22.03.20 à l’assemblée nationale et à la CENI pourtant aux ordres du nouveau tortionnaire de Conakry? N’est-ce pas ils continuent aujourd’hui encore à se réclamer député ? Un fait qui prouve qu’en Guinée la conviction politique, les principes, les valeurs morales, les attitudes démocratiques n’ont point de valeur. Tout tourne autour des intérêts égoïstes et égotiques et pour ce faire, il faut faire usage de tous les moyens néfastes et illégaux pour garder ses privilèges, quitte à trahir la mémoire des martyrs.

En effet la participation de certains partis politiques satellites, avec une faible taux de mobilisation sur fond d’opportunisme politique, la politique du ventre, et l’accompagnement du nouveau tyran dans l’obtention d’une présidence à vie, met à nu les maux qui gangrènent le paysage politique guinéen.

Et cette attitude opportuniste, antidémocratique de ces leaders met aussi en exergue, l’incapacité des grands partis d’opposition guinéens à mobiliser au delà de leur fief traditionel, à se renouveler et à convaincre. Il faut surtout admettre que les grands partis d’opposition n’arrivent pas à incarner leurs discours. Ils sont loin des standards de partis démocratiques qu’ils prétendent être. On retrouve les mêmes têtes, à croire que ces partis politiques sont dépourvus d’élections primaires permettant aux militants de choisir si possible une icône représentative.
Mieux on s’accroche surtout sur les clivages et cela retarde l’accomplissement de l’objectif principal de l’action politique qui est d’avoir de l’impact sur la vie des citoyens guinéens.

D’aucuns me diront que les partis politiques souffrent des contraintes objectives parmi lesquelles la nature autoritaire du régime guinéen, la fermeture des médias publics, d’espaces d’expressions, les tentatives de déstabilisation.

Je leur répondrai que face à une opposition redoutable, structurée qui parle pour le peuple et non pour un clan sur fond de clientélisme, de clanisme, aucun gouvernement autoritaire ne saurait résister et que nonobstant toutes ces contraintes, ils auraient pu en 9ans trouver une stratégie de se rassembler, se rapprocher afin de trouver un consensus autour de l’alternance et transition démocratique en Guinée et cela passe par l’acceptation de leurs différences, de leurs divergences afin de parvenir à une alternance voire une alternative démocratique apaisée, mais aussi et surtout par la mise en place d’un leadership et management capable d’élaborer et à exécuter une telle stratégie. Mais une chose qui s’avère difficile voire impossible au sein de l’opposition élargie, puisque l’intérêt clanique prime sur celui du peuple.

Et pourtant c’est le leadership seul qui définit la vision et le cadre des grandes orientations stratégiques d’un mouvement ou d’une organisation n’importe laquelle. Et cela fait défaut aujourd’hui en Guinée, puisque l’opposition politique élargie est minée de l’intérieur par la guerre des egos et des intérêts et c’est pour cela d’ailleurs que le combat n’est que de surface et le seul perdant demeure le peuple.

En somme pour sauver la république, une nouvelle forme d’opposition à l’image de 2006 et 2007 émergeant de la rue s’imposerait face à ce régime kleptocrate de Conakry, qui va rompre avec les codes classiques de l’espace politique guinéen en apportant vigueur et fraîcheur. Car la Guinée ne mérite plus d’être dirigé par une opposition qui n’est pas crédible, par sa vacuité programmatique, sa similitude avec les pouvoirs qu’elle combatte, son impossibilité à drainer l’espoir, comme c’est le cas du parti au pouvoir guinéen le RPG du genre « tout change pour que rien ne change ».

Wassalam

#Aissatou Chérif Balde la politique autrement.

Que Dieu sauve la Guinée de ces démons actuels